L’économie canadienne… Quelle est la prochaine étape ?

Bryan Brulotte - Unity. Prosperity. Compassion. #CanadaUnited

Alors que le taux d’inflation du pays reste inférieur à 3 %, la Banque du Canada a abaissé son taux d’intérêt directeur de 25 points de base plus tôt ce mois-ci. La plupart des observateurs y voient un signe que la lutte post-pandémique de la banque contre l’inflation touche à sa fin. Mais comment les taux d’intérêt vont-ils évoluer dans les prochains mois ?

Les taux d’intérêt baissent – L’économie ralentit

Les ménages et les entreprises canadiennes ressentent sans aucun doute un soulagement. Les taux d’intérêt élevés sont une source de frustration et d’inquiétude pour beaucoup. Après près d’un an à 5,0%, l’équilibre entre l’offre et la demande semble revenu.

Même si la baisse des taux d’intérêt de ce mois-ci doit être considérée comme une bonne nouvelle, le changement de politique monétaire est le signe d’un ralentissement de l’économie.  En effet, cela implique que les taux élevés introduits pour freiner l’inflation en encourageant les ménages et les entreprises à limiter leurs dépenses peuvent désormais être progressivement supprimés parce que l’économie s’est suffisamment rééquilibrée.

Même si l’activité économique ne décline pas dans l’ensemble du pays, le rythme de la croissance s’est affaibli. La croissance du PIB réel en 2023 était de 1,1 %, alors que le potentiel de croissance de l’économie canadienne est estimé à 2,0 %. La tendance à une croissance lente mais positive s’est poursuivie au premier trimestre 2024 et devrait perdurer dans les mois à venir. C’est ce qu’on appelle un atterrissage en douceur.

En matière d’inflation, la situation commence à revenir à la normale suite à la flambée des prix provoquée par la pandémie. Depuis le début de 2024, l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation est restée dans la fourchette cible de 1 à 3 % de la Banque du Canada. Certaines catégories de consommateurs connaissent encore des hausses de prix bien supérieures à ce que l’on s’attend à voir dans une économie plus équilibrée, notamment le logement.

De futures réductions sont attendues…

En ce qui concerne les taux d’intérêt, nous considérons la situation comme «normale» lorsque le taux directeur se situe entre 2,25% et 3,25%.  Même si la Banque du Canada n’a donné aucune indication sur la rapidité avec laquelle elle procédera à ses réductions, je crois que les taux pourraient baisser encore de 50 à 75 points de base d’ici la fin de l’année. L’économie continuera donc d’être confrontée à des niveaux de taux d’intérêt restrictifs, c’est-à-dire décourageant l’endettement.  Sauf choc majeur et imprévisible, le taux directeur devrait baisser progressivement, jusqu’à atteindre le taux neutre.  En fin de compte, je m’attends à ce que la Banque du Canada ramène le taux directeur près de 2,75 % (le point médian de la fourchette de taux neutre), mais cela n’arrivera pas avant 2026.

La Banque du Canada sera prudente

De nombreuses entreprises bénéficieront d’une baisse des coûts d’emprunt, même si les réductions restent pour l’instant modestes. Par conséquent, la première réduction de ce mois-ci est une source d’optimisme et devrait contribuer à restaurer la confiance des consommateurs et des entreprises. Nous pouvons nous attendre à ce que cela aide l’économie à retrouver une certaine vigueur. La Banque du Canada sera prudente dans ses prochaines décisions, craignant une reprise trop rapide de la demande, entraînant un rebond de l’inflation. La banque est également confrontée à des problèmes structurels (c’est-à-dire à plus long terme) dont elle doit tenir compte dans ses décisions. La crise du logement, les politiques gouvernementales concernant les combustibles fossiles et le vieillissement de la population continueront d’exercer une pression sur certains prix. Ces tendances auront également un impact sur les coûts des entreprises.